Comprendre le traumatisme : une blessure invisible mais bien réelle
On parle beaucoup de traumatisme. Pourtant, on sait rarement comment le traumatisme affecte le cerveau et le corps. Beaucoup de personnes pensent encore que “c’est dans la tête”. En réalité, il s’agit d’une réaction biologique, neurologique et corporelle. Comprendre ce mécanisme, c’est déjà commencer à guérir.
Lorsqu’un traumatisme survient, il ne s’agit pas seulement d’un souvenir douloureux : c’est tout le fonctionnement du cerveau qui s’adapte pour survivre.
Comment le traumatisme affecte-t-il le cerveau ?
Lors d’un événement traumatique, le cerveau passe en mode survie. Certaines zones s’activent de façon excessive, tandis que d’autres se mettent en retrait, modifiant durablement les réactions émotionnelles et corporelles.
Le traumatisme psychique n’est pas seulement un souvenir douloureux : le corps se souvient du traumatisme. Le cœur s’accélère, le ventre se noue, les muscles se tendent. Ces manifestations ne sont pas imaginaires : ce sont des traces corporelles laissées par un système nerveux débordé.
Lorsque nous vivons de la peur, un sentiment d’impuissance ou de sidération, le corps “encode” le danger. Même longtemps après, certaines sensations, images ou bruits peuvent réactiver cette empreinte.
C’est une façon très concrète de voir comment le traumatisme affecte le cerveau au quotidien.
Le traumatisme n’est pas un dysfonctionnement personnel, mais un mécanisme de survie mal éteint.
🌡️ 1. SOMATISATIONS CORPORELLES FRÉQUENTES LORS D’UN TRAUMA
❤️ Zone thoracique
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oppression dans la poitrine
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cœur qui s’emballe (tachycardie)
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respiration courte ou bloquée
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sensation d’étouffement
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douleurs intercostales
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“boule dans la poitrine”
👉 liées à l’hyperactivation sympathique (adrénaline)
🧷 Ventre / abdominal
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ventre noué
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spasmes digestifs
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diarrhées / constipations alternées
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douleurs abdominales fonctionnelles
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nausées
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perte ou augmentation de l’appétit
👉 réaction très fréquente : le trauma modifie le plexus solaire et le nerf vague.
💆♂️ Cou / trapèzes / épaules
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nuque raide
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douleurs chroniques
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tensions diffuses
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“porter un poids sur les épaules”
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micro-tremblements
👉 tension musculaire de protection.
🫁 Respiration
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respiration haute
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incapacité à prendre de grandes inspirations
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apnée réflexe
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soupirs répétés
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crises de panique respiratoires
👉 mécanisme de survie “freeze”.
🧠 Tête / cognition
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migraines
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étourdissements
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vision floue
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déréalisation, dépersonnalisation
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perte d’attention
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trous de mémoire
👉 hippocampe + cortex préfrontal inhibés.
🖐️ Membres
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tremblements
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engourdissements
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picotements
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jambes “molles”
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sensations de froid dans les mains/pieds
👉 activation / déactivation du système nerveux autonome.
🫀 Système nerveux autonome (SNA)
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hypersensibilité aux bruits
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sursauts fréquents
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hypervigilance
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fatigue extrême
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insomnie
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attaques de panique
👉 amygdale + système sympathique hyperactivés.
🌬️ 2. MÉCANISMES CORPORELS DU TRAUMA (explications thérapeutiques)
🔥 Hyperactivation (fight/flight)
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cœur qui bat fort
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respiration rapide
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tensions musculaires
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vigilance maximale
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difficultés à dormir
❄️ Hypoactivation (freeze/dissociation)
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engourdissement
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fatigue écrasante
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absence d’émotions
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vision “au ralenti”
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déréalisation
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corps “débranché”
🌪️ Activation mixte (oscillations)
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alternance tension / fatigue
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douleurs diffuses
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crises émotionnelles soudaines
👉 très courant dans les traumas complexes, et là encore, on voit comment le traumatisme affecte le cerveau à travers ses effets sur le système nerveux.
🌀 3. SOMATISATIONS ÉMOTIONNELLES (ressenti dans le corps)
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boule dans la gorge
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lourdeur dans le thorax
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tension dans l’estomac
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chaleur dans le visage
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fourmillements
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jambes coupées
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envie de pleurer sans “raison”
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agitation intérieure
🧩 4. SOMATISATIONS COMPORTEMENTALES LIÉES AU CORPS
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évitement sensoriel (odeurs, sons, lieux)
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besoin de contrôler son environnement
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compulsions alimentaires
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difficulté à accepter le toucher
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besoin d’isolement
Trauma, stress, choc émotionnel : quelles différences ?
Le stress, le choc émotionnel et le traumatisme ne sont pas synonymes :
- Le stress est une réaction normale à un défi. Il s’apaise quand la situation se termine.
- Un choc émotionnel est une réaction brève mais intense à un événement soudain.
- Un traumatisme survient lorsque l’événement dépasse la capacité d’intégration du cerveau : il reste “bloqué”.
Ce qui distingue le traumatisme, ce n’est pas l’intensité de l’événement. Le point clé, c’est l’impossibilité du cerveau à traiter l’information. D’où les symptômes émotionnels, corporels et relationnels qui peuvent durer : anxiété, hypervigilance, évitements, fatigue nerveuse, déréalisation…
Ce que disent les neurosciences : le corps garde la trace du danger
Grâce aux neurosciences, on comprend mieux comment le traumatisme affecte le cerveau et pourquoi ces réactions sont normales après un choc.
Comment le traumatisme affecte-t-il le cerveau ?
Lors d’un événement traumatique, le cerveau ne fonctionne plus comme en situation de sécurité. Il bascule en mode survie : certaines zones s’activent de façon excessive, tandis que d’autres se mettent en retrait.
Le rôle de l’amygdale dans le traumatisme
L’amygdale est le centre d’alerte du cerveau. En cas de traumatisme, elle reste en hypervigilance, comme si le danger était toujours présent. Cela explique les réactions de peur intense, les sursauts, l’irritabilité ou l’impression de ne jamais pouvoir se détendre.
Mémoire et hippocampe : ce qui se dérègle après un traumatisme
L’hippocampe joue un rôle central dans la mémoire et la perception du temps. Après un traumatisme, il peut avoir du mal à classer les souvenirs comme appartenant au passé. C’est ce qui explique les reviviscences, les flashbacks et la sensation que l’événement se reproduit.
Pourquoi le cortex préfrontal se met en retrait en cas de traumatisme
Le cortex préfrontal permet d’analyser, de réfléchir et de réguler les émotions. Sous stress traumatique, son activité diminue. Cela explique le décalage fréquent :
« Je sais que je suis en sécurité, mais je n’arrive pas à me calmer ».
Pour nous protéger, le cerveau peut alors “disjoncter” : c’est ce que l’on appelle la dissociation. Avec le temps, certains souvenirs deviennent fragmentés : certains détails restent ultra nets, d’autres disparaissent totalement.
Quant aux reviviscences (flashbacks, sensations corporelles soudaines, cauchemars), elles montrent que le cerveau tente de terminer un travail interrompu.

Résumé :
- Cortex préfrontal : réflexion et régulation → se déconnecte pendant le choc.
- Amygdale : alerte émotionnelle → libère adrénaline et cortisol.
- Hippocampe : mémoire → saturé, souvenir mal intégré.
Le traumatisme complexe : quand les micro-insécurités s’accumulent
Le traumatisme complexe (C-PTSD) résulte d’expériences répétées : insécurité, rejet, humiliation, absence de soutien. À force, le système nerveux s’adapte… en restant en alerte.
Des travaux cliniques montrent que cette forme de traumatisme apparaît surtout quand l’exposition est prolongée et qu’il est difficile d’y échapper. C’est la définition retenue par la CIM-11 (OMS). Voir les critères ICD-11 du trauma complexe.
Dans la vie quotidienne, cela peut donner :
- une hypervigilance,
- des difficultés à faire confiance,
- un sentiment de honte ou de dévalorisation,
- une fatigue nerveuse profonde.
Beaucoup de personnes se disent : “Je n’ai pas vécu un drame.” Pourtant, leur corps reste programmé pour la survie.
Quand le cerveau “disjoncte” : dissociation et mémoire traumatique
Quand le danger est extrême, une décharge d’adrénaline et de cortisol envahit le corps. L’amygdale déclenche alors l’alerte. De son côté, le cortex préfrontal se met en retrait. L’hippocampe, lui, n’arrive plus à organiser le souvenir.
Résultat : le vécu reste stocké en fragments sensoriels. Certaines images sont nettes. D’autres moments sont absents. Ce phénomène porte un nom : la dissociation.
Ce “gel” n’est pas un choix. C’est une protection automatique du cerveau.
Les reviviscences : un cerveau qui tente d’intégrer
Les flashbacks, cauchemars ou émotions soudaines montrent que le cerveau essaie de classer le souvenir. Mais à chaque réactivation, l’amygdale relance l’alerte, et la vague hormonale revient. Le traitement se bloque encore.
Autrement dit, comment le traumatisme affecte le cerveau se voit aussi dans ces boucles : reviviscence → stress → blocage. La thérapie sert à rétablir la sécurité pour que l’intégration reprenne.
Guérir : retrouver la sécurité intérieure
Guérir est possible. Le cerveau reste plastique, même après des années. Des approches comme MOSAIC®, l’hypnose thérapeutique ou la sophrologie apaisent le système nerveux. Elles permettent d’intégrer le souvenir sans revivre la douleur.
En pratique, comment le traumatisme affecte le cerveau change aussi dans le bon sens : l’amygdale s’apaise, le cortex se reconnecte, et l’hippocampe peut traiter l’histoire.
Se libérer sans revivre : les approches thérapeutiques douces

La sécurité intérieure se reconstruit lorsque le système nerveux retrouve l’apaisement.
On peut guérir d’un traumatisme sans tout revivre. Les approches modernes permettent au cerveau d’intégrer l’événement avec douceur, sans exposition forcée.
La thérapie MOSAIC® : réactiver les ressources naturelles du cerveau
MOSAIC® facilite l’intégration du trauma en mobilisant les ressources internes, sans revivre les scènes difficiles. Le cerveau reconnecte sécurité, sens et cohérence.
L’hypnose thérapeutique : apaiser les traces du passé
L’hypnose permet de réactiver la sécurité intérieure et de transformer les empreintes émotionnelles en profondeur.
La sophrologie : restaurer la sécurité intérieure
La sophrologie renforce l’ancrage, la respiration et la perception corporelle, essentielles pour calmer un système nerveux hyperactivé.
3 clés pour amorcer la guérison du traumatisme
- 1. Revenir au corps : respiration lente, ancrage, mouvements doux.
- 2. Retrouver la sécurité intérieure : reconstruire un espace calme et stable.
- 3. Être accompagné(e) : la guérison est plus rapide et plus douce avec un cadre sécurisant.
Quand consulter ?
Il peut être utile de demander de l’aide si vous vivez :
- des reviviscences ou flashbacks,
- une hypervigilance persistante,
- des sensations corporelles incompréhensibles,
- une fatigue émotionnelle,
- un sentiment d’être “déconnecté(e)” de soi.
En conclusion : le courage d’un premier pas vers soi
Se remettre d’un traumatisme demande du courage, mais c’est un chemin possible. Lorsque l’on comprend vraiment comment le traumatisme affecte le cerveau et le corps, la honte disparaît et laisse place à la compassion pour soi-même.
Pour aller plus loin
- Le Corps n’oublie rien – Bessel van der Kolk.
Ressource officielle. - Trauma et guérison – Judith Herman.
- La neuroception et la théorie polyvagale – Stephen Porges.
Besoin d’en parler ?
Si cet article résonne avec ce que vous vivez, il est peut-être temps de ne plus rester seul(e). J’accompagne adultes et adolescents autour des traumatismes, de la mémoire traumatique et de la régulation émotionnelle.
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